Les « Environnementales» biennale d’art contemporain
« dans » et « avec » la nature, du 6 mai au 2 juillet 2006. Parc paysager de TECOMAH Jouy-en-Josas (Yvelines) |
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| Est-ce que vous voyez la tête de la lionne ? (elle regarde vers la droite ->). Non ? Pourtant, c'est pas pour dire, mais franchement, ça se voit. C'est même pas une lionne, d'ailleurs. C'est un parc. Un énorme parc. Avec verdure, plan d'eau et tout et tout. Mais c'est pas Thoiry (même si on voit une lionne). C'est le plan du parc de Jouy-en-Josas. | |
| Mais pas n'importe quel parc à Jouy-en-Josas : celui de la Fondation Cartier. Oui, celle de Paris (du bd Raspail). Mais non ! ce parc à la lionne il est pas à Paris ; à Jouy-en Josas, je vous dis. Mais anciennement, voilà, anciennement, c'est là-bas qu'il y avait la Fondation Cartier. C'est plus clair ? Bon. Il fait beau. Envie de sortir (se promener). Dans un parc (un très grand parc, pas loin, c'est à 5 kms de Versailles). En plus, tous les deux ans (comme pour Venise, mais pas comme pour La Force de l'art, eux ce sera tous les trois ans...), donc tous les deux ans ils ont l'idée de faire une expo dehors, avec des sculptures, des installations qu'il faut chercher dans le très grand parc. C'est comme un gymkhana, mais ils sont gentils, ils t'offrent un plan (la fameuse lionne du début). Alors tu rentres, tu suis les flèches, ça monte, ça descend, c'est long mais il fait beau et t'es dans un joli parc. Dès fois tu te perds dans le joli parc et tu tombes devant des ruines de maisons qui devaient être vraiment belles, tu te dis. Tu reviens sur tes pas (tu te promènes, tu te souviens ? En plus il fait beau, c'est vraiment agréable, sauf qu'il ferait un peu moins chaud, ce serait super mieux, tu te dis. Et pas un rade à l'horizon ; j'aurais du apporter une gourde, tu te dis. Dans les gymkhanas de la colo, justement, quand t'étais petit, on prévoyait toujours une gourde). Où j'en étais ? Ah, oui, les oeuvres. J'arrive dessus sur la première (et il y a huit, on te l'a dit) et je ne me rends même pas compte. Elle est discrète. Presque trop. J'aurais pu passer devant sans m'en apercevoir si j'avais pas eu le plan de la lionne avec moi. |
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| Ca s'appelle L'eau sculptée, de Benoit Tremsa. Si tu regardes bien (non, pas le bâtiment rouge au fond, ni la forme en bas à droite, c'est le grillage, parce que c'était clôturé), oui, juste au milieu : presque invisibles, trois formes transparentes (merci le plan). Je fais des photos. Difficile à photographier. Et puis l'herbe commence à jaunir, malgré l'eau, dans les cylindres. |
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| Bon, je vais pas tout te raconter. Je suis fatigué. Il y en a de très belles pourtant : des rouges (des taches rouges sur herbe verte : test de Rorschach grand format...). Mais ça, je le garde pour plus tard. | |
| photographies de l'auteur pour le plan de la lionne : document de Tecomah, acheté à l'entrée Commentaires
Bravo pour les nouveautés
Commentaire n°1 posté par Elisabeth (la dilettante) le 13/06/2006 à 00h40
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dimanche 11 juin 2006
samedi 10 juin 2006
Cézanne : Paris, Pâris et des jugements
| Paul Cézanne et les pommes. Gustave Geffroy, critique qui admirait Cézanne rapporte : "Ce que j'aimais surtout en lui, c'étaient ses enthousiasmes : avec une pomme, proclamait-il, je veux étonner Paris."* |
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| Pierre-Paul Rubens, Le Jugement de Pâris, 1636, National Gallery, Londres. | Paul Cézanne, Le Berger amoureux, intitulé à tort Le Jugement de Pâris, 1883-1885 |
Le Jugement de Pâris |
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Michel Butor commente Cézanne **
Cézanne a peint au début des années 1880 un Jugement de Pâris (illustration en haut à droite) malheureusement volé pendant la dernière guerre chez Bernheim jeune, et dont on a perdu la trace. On connaît aussi des dessins sur ce thème.
Aux noces de Thétis et Pélée, la discorde avait jeté dans la salle du festin une pomme accompagnée de l'inscription "à la plus belle". Junon, Vénus et Minerve se disputant à qui la méritait, Jupiter les fit conduire sur le mont Ida où Pâris, le prince berger déciderait. C'est à Vénus qu'il en fit don, ce qui est une des origines de la guerre de Troie. Cette scène du don électif a été mainte fois représentée, avant Cézanne, par des peintres du XVIIème siècle (ex : Rubens, en haut à gauche). Si l'on supprime le berger, on obtient le thème des baigneuses. Dans l'atelier la scène se reconstitue: la pomme dans une nature morte, les déesses auprès de leur miroir d'eau, le regardeur ou jugeur, non seulement dans tel ou tel baigneur, mais dans les autoportraits. La pomme est ce que désirent les femmes, le prix de la beauté, le don par excellence, mais aussi le germe de la destruction. Il faudrait donc réussir à l'offrir à toutes ensemble, que ce soit un gage d'harmonie, non de dissension, une pomme qui soit à l'abri et nous mette à l'abri de la corruption. Michel Butor** |
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Meyer Shapiro, dans le texte qu’il consacre à Cézanne dans l’ouvrage Style, artiste et société, va tenter de donner une signification aux natures mortes de Cézanne en introduisant ce tableau au tout début de son essai. Il signale que la première impression qu’il a gardée de cette scène a été qu’il s’agissait d’un sujet pastoral de fantaisie : un berger offre des fruits à une jeune fille timide dont il est amoureux. Ceci faisait sans doute référence à un texte de la poésie latine dont le peintre se nourrissait.
Il est impossible, aujourd’hui, de reconstituer l’origine du berger amoureux et sa motivation affective. On peut supposer qu’au début ou au milieu de la décennie 1880-1890, où l’on situe généralement le tableau, Cézanne, en peignant une nature morte, se rappela, grâce à la lecture des poétes latins, que l’on pouvait, en ces temps anciens où il n’était pas interdit aux mortels de contempler une déesse nue, se faire aimer d’une jeune fille en lui offrant des pommes.
Style, artiste et société, Editions Gallimard, 1982, p 177, Meyer Shapiro |
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La place centrale accordée aux pommes dans un thème d'amour invite à s'interroger sur l'origine affective de sa prédilection pour les pommes dans sa peinture.
poursuit Meyer Shapiro.
L'association que l'on observe ici des fruits et de la nudité ne nous permet-elle pas d'interpréter l'intérêt habituel de Cézanne pour la nature morte et, de toute évidence, pour les pommes, comme le "déplacement" (au sens psychanalytique) d'une préoccupation érotique ?
Meyer Shapiro, p178 Cézanne était en effet un individu timide et profondément refoulé. Sa lecture de la poésie latine puis sa transcription pouvaient être le moyen d'exprimer ses désirs frustrés. Il avait en outre une grande admiration pour le travail de Manet dont Le Déjeuner sur l'herbe constitua pour lui une image de rêve à laquelle il pouvait donner la forme de ses propres désirs. Cette influence de Manet fit qu'il s'autorisa des peintures comme Une Moderne Olympia dans laquelle la dimension sexuelle est directement abordée. Shapiro fait remarquer la présence régulière des natures mortes dans les scènes de débauche. |
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Il semble, au moins intuitivement, que Cézanne ait eu conscience du rapport entre les pommes et les nus dans ce tableau Le Jugement de Pâris, compte tenu de la présence, de la cohabitation ou de la substitution de l'un par l'autre de ces deux éléments dans de nombreux tableaux qui vont suivre.
Alors, lorsque le peintre déclare au critique Gustave Geffroy qu'il voulait étonner Paris avec une pomme, ne faut-il y voir qu'un simple calembour ? |
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| La reproduction de la toile disparue Le Berger amoureux, intitulé à tort Le Jugement de Pâris,de Paul Cézanne, est extraite du livre de Meyer Shapiro, p 173. La reproduction de la toile Le Jugement de Pâris, de Pierre-Paul Rubens ,de la National Gallery, de Londres est empruntée au site wikipedia. |
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| * Gustave Geffroy, Claude Monet, Paris, 1922, p 106 | |
** http://www.imageimaginaire.com/critiques/butor-cezanne/butor-cezanne-frame.htmCommentaires
Blog(fermaton.over-blog.com).No.2- THÉORÈME CÉZANNE.
LA GÉOMÉTRIE DE L'ART.
Commentaire n°1 posté par clovis simard le 17/11/2011 à 15h19
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vendredi 9 juin 2006
Le sublime Cézanne et la sublimation
| On connaît moins cette peinture de Cézanne, celle de ses débuts, dans laquelle il s'acharne de manière violente sur le corps des femmes. ci-dessous : Le meurtre, Walker Art Gallery |
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| Whistler, apercevant chez Vollard le portrait de Marie Cézanne, disait : “si un enfant de dix ans avait dessiné cela sur son ardoise, sa mère, si c’est une bonne mère, l’aurait fouetté !”(…) La peinture du jeune Cézanne était pétrie d’outrance, de violence et de maladresse agressive, presque dépourvue de cette sensualité de pâte qui fait tolérer sinon aimer l’expressionnisme allemand ou de Kooning. |
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Ses caractères sont surtout négatifs : un besoin ressassé de déplaire, une agression sans objet, un grotesque sans humour, un érotisme sans plaisir. (…)
C’est surtout dans les scènes de meurtre et d’érotisme que Cézanne est à la limite du tolérable. (…) Selon Vollard, Cézanne opposait la peinture “bien couillarde” (la sienne) et celle des “ottres”, de Corot par exemple. (…) Il déchargeait sa violence sexuelle dans sa peinture ; Schapiro a montré comment la nature morte fut le lieu de ce déplacement. Les couilles de Cézanne, Jean-Claude Lebensztejn Nouvelles Editions Séguier, 1995 Commentaires
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Commentaire n°1 posté par clovis simard le 17/11/2011 à 15h13
et la Marie-Madeleine d'Orsay pétrifiée de douleur, ce serait son Surmoi?
Commentaire n°2 posté par Ch le 05/12/2011 à 07h52
Bon, faut que je retourne vérifier ça au musée d'Orsay : l'occasion de voir le nouvel accrochage...
(so strange, mister C.)
Commentaire n°3 posté par espace-holbein le 13/12/2011 à 04h38
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mardi 6 juin 2006
Cézanne, Courbet : femmes et fruits
| 2006 : Année Cézanne. Commémoration du centenaire de la mort de Paul Cézanne |
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| Trois poires, Paul Cézanne, 1888-90 Henry and Rose Pearlman Collection |
L'origine du monde, Gustave Courbet, 1866, Musée d'Orsay |
| Et si Cézanne avait confondu les femmes et les fruits, poses vivantes et natures mortes ? Cézanne, on le sait, admirait Courbet. |
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| Pour Courbet, qui n'accordait dans son art qu'une place mineure à la nature morte, tout en faisant passer une partie de sa sensibilité dans la manière de rendre tout ce qui est matière dans la nature -la fourrure, la pierre, le bois, le métal et le feuillage- avec un poids et une profondeur que seule une vision amoureuse des choses pouvait évoquer, pour Courbet donc, je crois que les énormes pommes qu'il a peintes pendant son incarcération après la Commune, ne remplaçaient pas seulement les visages familiers et le monde extérieur dont il était coupé ; on pourrait les voir plus poétiquement encore comme l'illustration littérale d'une phrase de son vieil ami le poète Buchon, franc-comtois comme lui, qui avait dit de Courbet "qu'il produit ses oeuvres aussi simplement qu'un pommier produit des pommes" - jugement qui prônait également les vertus de son caractère provincial, sa naïveté, sa robustesse, sa force paysanne, toutes qualités qu'il a données aussi à ses fruits. | |
| Style, artiste et société, les pommes de Cézanne, Meyer Schapiro, Éditions Gallimard, Paris, 1982, p 218 |
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Closky, prix Marcel Duchamp
| Claude Closky "Manège" Prix Marcel Duchamp 2005 Centre Georges Pompidou17 mai - 31 juillet 2006 |
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Une pièce vide. Tout autour, répartis de manière parfaitement symétrique, seize écrans plats et bleus (le bleu du vide : pas de signal, en vidéo). Un de ces écrans s'allume et affiche une image animée aléatoire, d'une définition pauvre, diffusée un temps très court ; la projection s'accompagne d'un son de type jeu vidéo. |
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| Au bout d'une minute l'écran redevient bleu et l'écran suivant s'allume et diffuse à son tour ce même type d'image, puis à son tour le suivant, selon le sens des aiguilles d'une montre. Et ainsi de suite, sans interruption et en boucle. J'ai toujours apprécié Claude Closky, notamment pour son humour, pour ses listes absurdes et rigoureuses, pour l'utilisation et le détournement qu'il a toujours su faire des images banales qui nous entourent. Mais là, je trouve ce Manège extrêmement décevant. Même inquiétant. C'est une oeuvre totalement autiste. Manège se trouve juste à côté de l'exposition Godard, voyage(s) en utopie. Même si beaucoup de choses restent hermétiques dans l'exposition Godard, il y a un certain nombre d'éléments auxquels se raccrocher (beaux ou déceptifs, peu importe). Là, ce n'est pas le cas. C'est une oeuvre autiste. Oui, autiste. photographie de l'auteur |
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