Yves Klein |
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Photographie inédite. Se rappeler le texte :
Station : nous sommes à l’automne 1960. Le roi du ciel lève le rideau pour un nouvel acte de son monodrame. Yves, vêtu d’un complet d’homme d’affaire et d’une cravate, donne une démonstration de vol. Il se tient sur le rebord du 2e étage et regarde en bas vers la rue, puis en haut vers le ciel, sa demeure. Lorsque les photographes sont prêts, il bande ses muscles entraînés par le judo et s’élance avec un mouvement ascendant dans une liberté splendide. Fixant d’un regard intense le ciel (les yeux étincelants) sans penser à la dureté du sol au dessous de lui, il reste un instant suspendu au plus haut de son saut (on entend le déclic des appareils) puis s’élève avec grâce par dessus les toits de Paris, se perd dans les nuages un instant et disparaît dans l'’au-delà du ciel, sa demeure véritable.
Icare n'est pas tombé : l'abîme et le vertige, à la fois. Il s'agit ici de l'instant qui suit. Juste après. |
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Ne va surtout pas croire ça, lecteur ! La photographie (ci-dessus) est un trucage. Un de plus. Alors, Yves le monochrome a-t-il réellement sauté ?
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Il était certain de pouvoir voler. Il me disait qu’à une certaine époque les moines savaient entrer en lévitation et que lui aussi y parviendrait. C’était une obsession. Il était comme un enfant, réellement convaincu qu’il pourrait le faire.
Rotraut Uecker, sa femme
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Rumeurs et controverses foisonnent à propos de la fameuse photographie du saut dans le vide. Yves Klein a su entretenir l’ambiguïté. Aujourd’hui, même les photographes donnent des versions contradictoires. Une chose est certaine à propos de la photographie parue dans Dimanche, (le journal d'un seul jour) : Un agrandissement réalisé à partir du négatif montre avec une évidence absolue la ligne de montage qui traverse la photographie de droite à gauche sous les pieds d’Yves Klein et qui part en zigzag dans le feuillage derrière lui. Mais l’histoire de cette action ne peut pas se résumer à cette photographie : il y eut en vérité trois sauts. Les circonstances et même les lieux furent différents. Évidemment les témoins furent également différents, d’où les confusions. C’est Pierre Restany (le célèbre critique d’art, créateur des Nouveaux Réalistes) qui a failli être le témoin du premier saut. Yves lui annonce qu’il “va faire quelque chose d’important” et convie le critique d’art. Malheureusement Restany arrive en retard et trouve Klein dans une sorte d’extase mystique. Il semble avoir accompli un exploit physiquement épuisant et dit à Restany : “Tu viens juste de manquer un des événements les plus importants de ta vie. “ Restany va déclarer : “Il boitait légèrement à cause d’une entorse. En vérité, si je n’étais pas allé chez lui et si je n’avais pas été le témoin de l’état dans lequel il était, j’aurais toujours pensé que c’était un montage photographique.” L’événement que relate Pierre Restany a lieu dix mois avant la fameuse prise de vue publiée dans Dimanche. Tu auras compris, lecteur, que ce montage photographique est contemporain du billet que tu as sous les yeux et que j'en suis l'auteur.(surveille bien le cycliste) suite demain...
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Je découvre ton blog -bien- et ton post sur Klein.
cette semaine, je fais un billet sur le MAMAC de Nice que j'ai découvert cet été et bien entendu je parlerais de Klein !
Tu as vu l'expo à Beaubourg ?
Suis pas encore allé à Beaubourg car j'habite en province, mais je compte bien y aller !
Il y a une artiste que j'aime dans ta liste, c'est Niki de St Phalle. Quand tu vas à Beaubourg, ne loupe pas la fontaine Stravinsky (juste à côté) avec des sculptures de Niki et de Tinguely (elles bougent et crachent de l'eau !)
Il y a une artiste que j'aime dans ta liste, c'est Niki de St Phalle. Quand tu vas à Beaubourg, ne loupe pas la fontaine Stravinsky (juste à côté) avec des sculptures de Niki et de Tinguely (elles bougent et crachent de l'eau !)
Tout à fait d'accord sur le côté mystique et également totalement irrationnel de Yves Klein.
Iris Clert, sa galeriste, parlera de lui comme d'un «être habité» et d'un «poète de l'irrationnel». (Yves Klein, catalogue d'exposition 1983, p259).
Quant à Gérard Deschamps, c’est juste. J’ai évoqué cet artiste, avec une «belle image» cueillie à la Force de l’art le 30 mai 2006 :
http://espace-holbein.over-blog.org/archive-05-30-2006.html
Qu'est-ce qui vous attache à cet artiste ?